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SAFRAN HERAKLES et la pollution au perchlorate d'ammonium : le préjudice écologique n’est pas réglé

Alors qu’HERAKLES inaugure son installation LICORNE de traitement des objets pyrotechnique en lien avec le démantèlement des MISSILES M 45,  3 ans après la découverte de la pollution historique des sources d’alimentation en eau potable de Thil et Gamarde, nous constatons que rien n’est réglé sur ce dossier, que ce soit au niveau de la dépollution du site, au niveau de l’arrêt des captages, au niveau de la diffusion actuelle de pollution liée à l’exploitation en cours, ainsi qu’au niveau juridique.

Ce sont 400 tonnes d’eau perchloratées qui seront émises chaque année par cette nouvelle activité.

Du point de vue juridique, aucune avancée sur les réparations du préjudice écologique subi par la CUB. L’expertise est toujours en cours…

Notre collectivité sort perdante de cette affaire, avec 10% des ressources en eau potable toujours indisponibles, engendrant la réalisation d’un nouveau forage à ses frais.

 

Les problèmes liés à la dépollution du site ne sont pas réglés non plus : les mesures relatives au traitement de dépollution des sols ont certes été définies mais nous ne connaissons pas les dates de mise en œuvre. Quant à la pollution résiduelle émise quotidiennement par les procédés employés, aucune solution ne semble exister à l’heure actuelle pour la supprimer totalement.

La concentration dans la Jalle serait d au moins 20 microgrammes/L soit 5 fois la valeur limite de 4microg. Une telle concentration dans la Jalle donne 10microg ou plus dans les captages.

Plus grave encore, cet hiver, d’importants rejets accidentels d’eau brute non traitée ont eu lieu pendant près d’un mois liés au nouveau système de traitement. Plusieurs centaines de microgrammes de résidus par litre ont été rejetés dans la Jalle. Outre que cet accident prouve la persistance du risque, la CUB a été prévenue de cet accident seulement en Février, c’est-à-dire deux mois après l’incident. Aucune procédure d’alerte n’a été mise en œuvre. L’opacité règne sur ce dossier.

Les services de l’Etat ont été également défaillants sur ce dossier.

Face à ces multiples pollutions, il ne nous parait pas opportun qu’Héraklés mette en place cette nouvelle installation de traitement des eaux perchloratées pour réaliser une activité de démantèlement de missiles M45, générant 400 tonnes d’eaux perchloratées par an, alors que la pollution historique du site n’est pas supprimée.

Nous demandons donc, à Alain Juppé, Président de la Communauté urbaine de Bordeaux de reprendre le dossier afin de veiller à ce que d’une part la pollution historique soit traitée avant le démarrage de cette nouvelle activité et d’autre part que la responsabilité d’Héraklés soit engagée pour réparer les dommages subis par la CUB.

Enfin, nous proposons qu’Héraklés se dote d’un bassin de rétention des eaux perchloratées, dans le but de se prémunir face à d’éventuelles pollutions accidentelles ou à des difficultés techniques empêchant l’utilisation momentanée de la station de traitement. Gérard Chausset Président du Groupe EELV Communauté urbaine de Bordeaux.

 

 

Saint-Médard-en-Jalles : Herakles recycle propre

Article de Sud Ouest du 25 Avril par JB GILLES de Sud Ouest

La nouvelle unité de recyclage du carburant des missiles affiche des résultats écologiques optimaux. Tout n’est réglé pas pour autant.

l y avait du monde hier jeudi à l'usine Herakles de Saint-Médard-en-Jalles, sur le site de la très ancienne poudrerie de l'agglomération. L'usine, qui a produit pendant des années des poudres et explosifs pour l'artillerie française , est aujourd'hui positionnée sur des créneaux de très haute technologie . Elle y fabrique le fameux propergol dont elle est le leader européen . Il s'agit d'une gomme solide qui sert de carburant aux lanceurs de la fusée Ariane et de propulsion pour les missiles de la force de frappe française . Pour un tiers de...

l y avait du monde hier jeudi à l'usine Herakles de Saint-Médard-en-Jalles, sur le site de la très ancienne poudrerie de l'agglomération. L'usine, qui a produit pendant des années des poudres et explosifs pour l'artillerie française, est aujourd'hui positionnée sur des créneaux de très haute technologie. Elle y fabrique le fameux propergol dont elle est le leader européen. Il s'agit d'une gomme solide qui sert de carburant aux lanceurs de la fusée Ariane et de propulsion pour les missiles de la force de frappe française. Pour un tiers de son activité, l'entreprise produit aussi des capsules d'airbag, toujours à base de propergol.

La nouvelle unité de traitement gère des déchets de carburant produit par le site et le carburant des missiles stratégiques des forces armées françaises - les M 45 qui ont sillonné le monde dans les sous-marins lanceurs d'engins, sans jamais être utilisés fort heureusement, c'est le principe clé de la force de frappe. Après quinze ans, ces M 45 arrivent en fin de vie. Il n'était plus possible pour Herakles de brûler à ciel ouvert le propergol ou de tirer les vieux missiles sur les sites voisins de la Direction générale de l'armement. Fruit de vingt ans de recherche, le procédé Licorne permet une fin de vie plus respectueuse de l'environnement. Le missile est d'abord démonté et sa partie mécanique recyclée. Vidangée par une eau à très haute pression, l'enveloppe de propergol est dans un premier temps broyée, à deux reprises. Elle passe ensuite dans plusieurs séries de filtres afin d'en séparer les différents composants. Reste le perchlorate, objet de toutes les attentions.

C'est du moins le résultat du pilote déjà expérimenté sur le site. L'unité Licorne aura une capacité de traitement de 300 tonnes de perchlorate d'ammonium par an. Et pourrait monter en cadence pour permettre le démantèlement d'autres missiles en fin de vie. L'investissement est de 20 millions d'euros, financé par la Direction générale de l'armement (DGA), le Conseil régional via le Feder et Herakles. L'entreprise emploie sur ce site et sur celui du Haillan 2 300 salariés en Gironde.

Les chercheurs ont mis au point un procédé nouveau, unique, de bactéries qui se nourrissent de perchlorate. Ce traitement biologique permet de réduire le composant central de ce carburant pour le moins puissant, en une eau légèrement salée, « traitée à 99,8 % », puis rejetée dans la rivière la Jalle. « Il n'y a pas de doute que ces rejets sont désormais au moins dix fois inférieurs à ceux constatés ces dernières années sur le site », admet Gérard Criqui, de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal).

Un préjudice écologique

Herakles n’en a pas fini avec le perchlorate d’ammonium. Les capteurs d’eau des sources de la Gamarde et du Thil, soit 10 % de l’alimentation en eau potable de la Communauté urbaine de Bordeaux, sont toujours fermés. Et cela suite à la découverte, en 2011, d’un taux excessif de perchlorate dans la Jalle, liée à l’exploitation du site de la poudrerie depuis des années, et dont a hérité Herakles.

À trop forte dose, ce produit a des conséquences sur la glande thyroïde. « L’agglomération a subi un préjudice écologique qui n’est pas encore arbitré », explique Gérard Chausset, qui évoque un incident en décembre ayant conduit à un rejet massif de perchlorate dans la Jalle « à des niveaux cinq fois plus élevés que le seuil admis pour les nourrissons ».

L’adjoint à Mérignac et président des Verts à la CUB demande à Herakles d’accepter des forages dans la nappe éocène sur son site. Il en appelle à Alain Juppé.

L'historique du dossier