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9 mois pour rénover l’écologie politique

L'entrée d’Emmanuelle COSSE au gouvernement est un coup de massue politique pour notre mouvement. Elle n’y est pas seule puisque deux autres écologistes y sont entrés qui étaient encore il y a quelques mois  des membres et parlementaires EELV. Ce débauchage de personnalité ne glorifie pas la politique, le gouvernement et bien sûr notre mouvement. Cet épisode suit une succession de départ d’EELV qui traduit une situation de crise plus ou moins larvée depuis plusieurs années.

Je m’attendais à cette situation de la part d’Emmanuelle COSSE ou d’autres personnalités d’EELV. Si je ne partage pas ce choix et prend la forme d’un abadnon, il est malheureusement la suite logique d’un affaiblissement de notre mouvement et d’une gestion collective  à l’emporte pièce.

Je ne participerai pas aux tirs de Bazooka sur Emmanuelle COSSE. Elle n’est pas devenue en quelques jours une pestiférée. Sa fonction de Secrétaire Nationale lui imposait une responsabilité particulière dont elle aurait du privilégier le sens premier. Mais sûrement que je n’ai pas tous les éléments pour en juger.

Pour autant, cette décision est la suite de nombreux départs parfois pour des raisons opposées : Dany Cohn-Bendit, José Bové, Noël Mamère, Pascal Durand, Jean Paul Besset, sans parler des parlementaires et des présidents de groupes. Les groupes parlementaires sont fracturés voir menacés. De nombreux cadres ou responsables locaux sont partis, des militants nous quittent. Nos scores électoraux ne sont pas bons avec une perte importante d’élus Régionaux. Les finances sont dans le rouge.

De plus en plus de gens partagent nos idées, pour preuve cet après-midi, 14 Février mille personnes à Bordeaux, sous la pluie pour dénoncer les pesticides dans l’agriculture suite à CASH Investigation.  Pour autant EELV est considéré comme un mouvement  peu crédible. Notre image est détériorée ainsi que celle qui en est la figure de proue, Cécile DUFLOT.

En quelques années, Europe Ecologie est devenu Europe Nécrologie comme me l’a dit un manifestant, au-delà du bon mot, EELV est en tout état de cause malade.

Faut-il pour autant se rassurer en se disant « ceux qui restent sont des purs, nous avons raison, les autres ont tort, ils ont trahis, ce sont des aventures personnelles, carriéristes ».  Chacun a une part de responsabilité. En Décembre,  j’avais parlé de plan social chez les écolos, nous y sommes et le congrès qui s’annonce en Juin risque d’être un leurre.

Car ce que je viens de décrire, n’est pas une analyse, un point de vue, un parti pris, mais un simple constat. Quand ces personnalités qui incarnaient l’écologie, avec leurs lots de défauts mais aussi de qualités, quittent EELV, que doit-on faire ? Aller une fois de plus vers un congrès  où le radicalisme restant se rassurera avec une victoire à la Pyrrhus ou plutôt une victoire faute de combattants ?

On ne peut pas se satisfaire de tous ces départs, de cette situation qui a mon sens traduit une clairvoyance…aveugle en lorgnant sur une hypothétique candidature aux présidentielles!

Alors, repartir au congrès avec une kyrielle de motions a-t- il vraiment un sens, a part vouloir conserver le logo, des statuts et une dette importante? Ce congrès restera un objet purement interne alors qu’après la COP 21 l’écologie a besoin de s’ouvrir.

Il est temps de se ressaisir et d’adopter un comportement ouvert et écologiste. Plusieurs projets sont sur la table, une primaire à gauche, une candidature EELV ou une candidature de Nicolas Hulot ou rien du tout. Une partie de ces choix risquent de se faire sans nous.

Repoussons le congrès de 6 mois

L’écologie mérite mieux et plus que cela. Si j’étais membre du Bureau Exécutif d’EELV, je proposerai de repousser le congrès de 6 mois et de mettre en œuvre une direction collégiale afin d’engager un véritable aggiornamento de l’écologie politique. Ceci aurait l’avantage de tenter une sortie de crise par le haut.

Il est du devoir des responsables du mouvement de remettre en cause la  gouvernance actuelle. Il est nécessaire d’aller chercher tous ceux qui sont partis et d’échanger, de parler  et de chercher  ensemble un cadre nouveau pour refonder l’écologie politique si non nous redeviendrons un groupuscule d’activistes.

Gérard CHAUSSET