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Mobilités : pour un aménagement du territoire équilibré et un financement de la mobilité élargi.

Ma réaction à propos du débat sur le syndicat mixte de la mobilité en Gironde.
 
Sur la proposition d’un syndicat mixte des transports portée par Mr le Député Cazenave, (Sud Ouest du 19/02/2023),  il en existe déjà un au niveau régional, perfectible bien sûr. Il porte principalement le projet de RER métropolitain avec la Métropole.
Le problème actuel,​ ​ n’est donc pas tant celui d’une structure nouvelle, mais d’abord le déficit de financement de la mobilité. En effet, seules les agglomérations ou les AOM, (autorités organisatrices de mobilité) bénéficient du versement mobilité qu’elles prélèvent auprès des entreprises de plus de 10 salariés pour financer le tramway et les réseaux par exemple. Bien qu’elle ait la compétence mobilité, la Région n’est pas habilitée par la loi à lever du versement mobilité, quand bien même elle agit en tant qu’AOM locale.
La Région n’a donc pas aujourd’hui de ressources, comme une taxe additionnelle pour porter des projets.
Ainsi toute une partie de notre territoire échappe au financement de la mobilité  et contribue à créer une inégalité supplémentaire.
C’est pourquoi le sujet  du financement des mobilités est un point crucial et le chaînon manquant des projets.
« Soyons lucides, nos stratégies des mobilités sont un échec » nous dit également Mr Duprat dans les colonnes de Sud Ouest du 27 février.
Ces propos récurrents sur l’échec des mobilités tendent en général à vouloir remettre au premier plan des projets d’infrastructures routières sans se poser la question essentielle, pourquoi ?
La cause principale de la thrombose girondine n’est pas l’absence de route ou l’inefficacité des transports collectifs, (bien qu’il y ait des progrès à faire évidemment) mais d’abord celle de l’étalement urbain  hors de Bordeaux, et la concentration des emplois sur la métropole.
Depuis  40 ans ce phénomène n’a pas été endigué. En 1968 Bordeaux pesait 48% de la Métropole de l’époque et  26.5 % du département de la Gironde, aujourd’hui c’est 31% de la Métropole et  15% du Département. Mais il faut également constater que la CUB en 1968 représentait près de 55 % de la population du Département  alors qu’aujourd’hui elle représente 50% (sources INSEE). (Cf tableau)
On assiste forcément à un va et vient entre la périphérie de plus en plus lointaine et la Métropole où sont concentrés les emplois, les services, les commerces, la culture, les grands services publics de la santé, de la  formations qui contribuent largement à engorger les routes, la Rocade, les entrées d’agglomération.
Il faut donc agir d’abord sur l’organisation du territoire et rééquilibrer les emplois et l’habitat entre périphérie et métropole pour diminuer le règne absolue de la voiture individuelle.
Une meilleure coordination des transports et de la mobilité peut être utile mais ne changera pas la cause de cette thrombose. 
En conclusion, il est nécessaire de réorienter la politique d’aménagement de notre territoire pour favoriser un meilleur équilibre entre la métropole et le reste du Département et de proposer un mode de financement de la mobilité qui concerne l’ensemble du territoire afin de financer des projets collectifs de mobilités.
 
Gérard CHAUSSET
Président de la Commission Mobilités de Bordeaux Métropole
Adjoint au Maire de Mérignac