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Réunion de concertation pour la rocade à 3 voies : la lutte contre le bruit

Une réunion publique s’est tenue, lundi soir, dans le cadre de la mise à 2 x 3 voies de la rocade dans la portion comprise entre les sorties 4 et 10.


L’installation d’écrans de protection antibruit intéresse particulièrement les riverains. © Photo

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La concertation relative à la mise à 2X3 voies de la rocade entre les échangeurs 4 et 10 se poursuit officiellement jusqu’au 23 janvier. Toutefois, les éléments d’information resteront plus longtemps sur les sites Internet de la Dreal et de la préfecture, sachant qu’une enquête publique aura lieu en automne. Une déclaration d’utilité publique sera engagée en 2016. La consultation des entreprises est prévue en 2017. Les travaux doivent se dérouler de 2018 à 2020. Coût annoncé : 164 millions d’euros. Consultation : www.gironde.gouv.fr ou www.aquitaine.developpement-durable.gouv.fr

Après la rencontre de juin dernier, les habitants de Mérignac étaient à nouveau invités, lundi soir, à participer à une réunion publique de concertation dans le cadre de la mise à 2 × 3 voies de la rocade ouest, entre les échangeurs 4 et 10.

Le thème de la soirée portait sur la préservation du cadre de vie et la protection de l'environnement. Au-delà des interrogations sur l'eau et l'air, il a surtout été question des nuisances sonores générées par le trafic des véhicules et la manière de s'en préserver. Laurent Serrus, membre de la Dreal Aquitaine, a expliqué qu'un bureau d'études, en l'occurrence Synacoustique, avait été missionné pour effectuer des mesures de bruit en continu devant les habitations bordant la rocade, avec des comptages simultanés du trafic et de sa répartition (1). Ces mesures ont duré 24 heures et permis de constituer un modèle mathématique simulant le bruit généré demain par l'élargissement de la ceinture périphérique. « On a pris en compte le bruit réfléchi parfois par les bâtiments », note le spécialiste.

Obligation de résultat

Des seuils réglementaires ont été définis de jour et de nuit, en fonction de la nature des zones : ambiance sonore modérée ou non modérée. Ces indicateurs de décibels serviront de mètre étalon. Ainsi, au terme des travaux, des experts indépendants seront chargés de vérifier que les valeurs moyennes trouvées précédemment n'ont pas évolué. Ce qui supposera l'installation, en amont, de protections phoniques (merlons, écran antibruit) à différents endroits. Étant entendu que le maître d'ouvrage est tenu, à la fin, à une obligation de résultat. Dans quelle mesure Mérignac profitera-t-elle de ces équipements ?

Lundi soir, les experts ne semblaient pas en mesure de fournir une réponse précise. Des habitants d'un lotissement proche de la sortie 9 ont toutefois mis en garde : « Les protections actuelles sont insuffisantes, nous sommes pour l'instant les laissés-pour-compte. » Domiciliée à 450 mètres de la rocade, une autre participante a déploré les nuisances supportées de jour comme de nuit. Elle attend des protections comparables à celles dressées le long de la portion pessacaise de la rocade.

À leur tour, les experts ont prévenu que l'efficacité des écrans avait aussi ses limites. À 450 mètres de distance un mur de 7 mètres de haut n'a aucun effet. En revanche, Laurent Serrus a reconnu que l'abaissement de la vitesse de circulation de 110 à 90 km/h avait eu un effet non négligeable sur la réduction du niveau sonore. Peut-on envisager d'aller plus loin ? Une circulation limitée à 80 voire 70 km/h poserait une autre difficulté : le respect de celle-ci aux périodes fluides.

Quant à le faire de façon dynamique : « La technique n'est pas au point, estime Laurent Serrus. Un essai est prévu au sud de l'A 63 vers Bayonne. S'il est concluant, on pourra envisager un test sur la rocade. »

La question de la passerelle

Au cours des échanges, un autre intervenant, Philippe Darles, a précisé que la mise à 2 × 3 voies s'accompagnerait d'un renouvellement du revêtement de surface. Exit l'enrobé drainant, le choix s'est porté sur un béton bitumineux très mince. S'agissant des bretelles de sortie existantes, il n'est pas prévu de les élargir. Quid de la congestion possible du trafic avec les carrefours à feux ? La situation de la sortie 9 avec l'arrivée du tramway a été particulièrement mise en avant. « Dans ces cas-là, la priorité sera donnée aux automobilistes sortant de la rocade », a indiqué un technicien de Bordeaux Métropole (ex CUB).

Comme on pouvait s'y attendre, des habitants de Beutre ont pointé l'insuffisance des aménagements cyclables autour de l'échangeur 12, sachant que les collégiens de Beutre sont rattachés à l'établissement des Eyquems. Du coup, le projet de passerelle reliant l'avenue Jean-Monnet et l'avenue de l'Europe a été remis sur le tapis. Quand celle-ci verra-t-elle le jour ? « C'est dans les discussions entre l'État et Bordeaux Métropole, mais la priorité est aujourd'hui à la mise à 2 × 3 voies », a admis le représentant de la Dreal. De leur côté, le maire et vice-président de Bordeaux Métropole Alain Anziani et la conseillère municipale et communautaire communiste Claude Mellier ont réaffirmé leur volonté de faire de cette question une priorité.

Agacé, l'écologiste Gérard Chausset est intervenu à deux reprises. D'abord pour inviter les intervenants à bien prendre en considération les demandes des Mérignacais au niveau des équipements phoniques. Puis pour insister sur la nécessité de laisser une place aux transports en commun sur la future troisième voie ou sur la bande d'arrêt d'urgence, notamment à la faveur du projet de navette entre l'aéroport et la gare de Pessac-Alouette.

(1) Dreal : Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement en Aquitaine.