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Faut-il limiter la circulation? Nos propositions et revue de Presse

Fichiers joints: 

Rocade de Bordeaux : faut-il limiter la circulation ?

La Métropole envisage des mesures de restrictions de la circulation des voitures polluantes, avec une grande prudence


 faut-il limiter la circulation ?
La mesure pourrait s’appliquer les jours de pics de pollution, particulièrement l’hiver. ©

archives guillaume bonnaud

 

Pour rappel

http://gerardchausset.fr/search/node/DIESEL%20type%3Aarticles

 

http://gerardchausset.fr/search/node/p%C3%A9age%20urbain%20type%3Aarticles

Point sur les politiques en matière de restrictions de circulation

 

Ce que prévoit la loi sur la transition énergétique

 

Possibilité pour les maires de réduire la vitesse de circulation sur tout ou partie des voies de l’agglomération : les maires peuvent réduire la vitesse de circulation en dessous des limites prévues par le code de la route sur tout ou partie des voies de l’agglomération (Article 47).

Avantages tarifaires pour l’accès aux transports en commun en cas d’interdiction de circulation de certaines catégories de véhicules : en cas d’interdiction de circulation de certaines catégories de voitures particulières, l’accès aux réseaux de transport public en commun est assuré par toute mesures tarifaire incitative décidée par les autorités organisatrices de transports ou gratuitement (Article 48).

Interdictions de circulation sur l’ensemble de la commune : mesure transitoire permettant aux maires de communes situées dans une zone couverte par un plan de protection de l’atmosphère de prendre des mesures de restrictions de circulation à l’encontre des véhicules polluants sur l’ensemble des voies de la commune, et plus seulement sur certaines voies  Ce dispositif, applicable entre le 1er juillet 2015 et le 1er janvier 2017, reste limité à une application « à certaines heures » et ne permet donc pas de mettre en place des restrictions de circulation permanentes, comme c’est le cas des zones à circulation restreinte (Article 49).

 

Ce qui est opéré à Bordeaux et dans Bordeaux métropole

 

A Bordeaux :

 

- dimanche sans voiture dans le centre ville de Bordeaux une fois par mois

- disque vert depuis 2008 (gratuité du stationnement sur voirie pour les véhicules propres durant 1h30 pour les résidents bordelais)

- zone à contrôle d'accès dans le centre historique de Bordeaux

A Bordeaux Métropole :

 

- Candidature à l'appel à Projet « Villes respirables en 5 ans » avec notamment comme propositions (cf. document joint) :

  • une étude de faisabilité d'un ensemble de mesures pouvant être arrêtées par le Préfet et BM en cas de dépassement du seuil d'alerte
  • développement des zones 30 km/h et des quartiers apaisés à l'intérieur des boulevards d'ici à 2020 ainsi que sur Mérignac centre et Bègles centre
  • pas de proposition sur une expérimentation d'une voie réservée ou de zone à trafic limité (cf. rapport en Bureau de BM du 10 septembre 2015 : « En l’état actuel, la Métropole n’est pas en mesure, de s’engager sur la création d’une zone à circulation restreinte dans laquelle l’accès aux véhicules les plus polluants est interdit. En revanche, il est proposé en première approche, de réaliser une évaluation environnementale permettant de démontrer la pertinence ou non de la mise en oeuvre de mesures de restriction de la circulation sur l’agglomération bordelaise compte tenu des spécificités du territoire et des enjeux locaux. »)

Avis des écologistes sur cette candidature de BM à l'appel à projets :

Nous sommes heureux que la métropole bordelaise ait décidé de répondre à cet appel à projets. Mais nous sommes plutôt déçus par la timidité de ce qui est proposé :  refus de s'engager dans une ZCR ( zone de circulation restreinte ) mais une étude (alors que c'est une demande express du cahier des charges),  aucune mesure visant à restaurer la qualité de l'air par un programme massif de plantations, de toitures et façades végétalisées  par exemple, timidité encore en matière de mesures d’urgence en cas de pics de pollution (étude de faisabilité d’un ensemble de mesures… ).

Plus globalement, nous attirons l’attention sur un piège dans lequel il serait regrettable que la métropole tombe. La mobilité électrique, si elle constitue un des outils de la boîte à outils de la mobilité alternative, ne saurait constituer l’alpha et l’oméga de la réponse à la pollution atmosphérique. Elle présente en effet d’autres inconvénients majeurs : elle ne résout en rien l’engorgement des voies routières, elle pose une véritable question en terme d’approvisionnement énergétique et enfin à l’heure d’aujourd’hui elle demeure réservée à une population aisée.  Alors que parallèlement, les mobilités douces ne présentent aucun de ces inconvénients précédemment cités et constituent un potentiel de report modal encore très insuffisamment exploité. Cela pour dire que les inscriptions budgétaires doivent à notre sens tenir compte de ces éléments et le paquet doit être mis sur les mobilités douces que sont le vélo ou la marche à pied.

 

Ce que proposent les écologistes

1/ Les mesures d'urgence (en cas de pics de pollution) à mettre en place de manière systématique

  • Organiser une cellule de veille et de crise intégrant l’ensemble des autorités organisatrices de mobilité (AOM), Airaq et les services de l’Etat pour une meilleure coordination des actions et information autant en période de crise que pour créer des mesures agissant sur le fond
  • Mettre en place la circulation alternée,
  • Limiter la vitesse obligatoire sur les principaux axes routiers (baisser la vitesse de 20km/h sur la rocade et les portions d’autoroute à proximité de l’agglomération)
  • Mettre en place la gratuité temporaire des transports collectifs urbains et interurbains

2/ les mesures plus pérennes pour réduire les émissions de polluants et de GES

Créer des quartiers à très faible émission de polluants atmosphériques, à l’image des zones à circulation restreinte qui existent déjà dans 200 villes européennes.

Constat : Ces zones ont fait leurs preuves au service de la qualité de l’air. Si les impacts de la mise en œuvre d’une telle zone ne sont pas identiques d’une expérience à l’autre, dans tous les cas, des réductions sont observées sur les concentrations en dioxyde d’azote (de l’ordre de 1 à 10 %) et sur les concentrations en particules PM10 (jusqu’à 12 % de réduction moyenne annuelle et jusqu’à 16 jours de dépassement de la valeur limite journalière évités).

Généraliser les axes de circulation en zone 30

Exemple : 43 maires de l’agglomération de Grenoble ont décidé la généralisation des zones 30 à partir de 2016

La ville de Mérignac s’est lancé depuis 2009 dans le développement des quartiers apaisés, en 2016 l’ensemble des quartiers seront concernés

N.B. sur la situation locale : Les élus EELV de Bordeaux ont demandé depuis mars 2013 au maire de Bordeaux de produire un arrêté pour limiter la circulation à 30km/h sur la Place Gambetta, qui accueille une des uniques place-jardin de la ville, en attendant sa rénovation complète en 2018. Sans être entendus pour le moment...

– Appliquer une vaste zone 30 à l’ensemble de l’agglomération hors grands axes

- Dédier la 3e voie de la rocade aux véhicules multi-occupants et aux transports en commun

- poursuivre la reconquête de l'espace public en accordant plus de place aux modes doux.

A associer avec :

- la mise en œuvre d'un plan de sortie du diesel sur 10 ans,

- le développement des PDE/PDIE et du télétravail à grande échelle

- la taxation des grands axes routiers pour les transports de marchandises et le développement du fret ferroviaire et fluvial

- le développement des transports collectifs, des modes actifs de déplacement (marche, vélo) et des parkings-relais, notamment inter urbain Trans gironde, ligne express, connexion sur la rocade et ligne de Tram, retour tardif le soir, développement du réseau ferré inter urbain et tram train, renforcement de la performance du Tramway,

 Le financement des mesures par la fiscalité écologique : pour exemple 1 centime de taxe additionnelle sur le gasoil rapporte 400 millions d’€ à l’Etat de quoi financer des infrastructures durables mais pas des autoroutes…

Gérard CHAUSSET

Article de Sud Ouest

 
On sent bien que la conférence internationale de Paris sur le climat approche à grands pas. Même si la pollution de l'air a plutôt tendance à diminuer en Gironde et sur la métropole bordelaise depuis dix ans, le sujet revient tout de même sur la table. Et les élus de l'agglomération commencent à envisager des mesures plus coercitives. Il est vrai que Bordeaux Métropole est devenue lauréate vendredi dernier de l'appel à projets Villes respirables en 5 ans, à l'occasion de la Journée nationale de la qualité de l'air. Et qu'elle est compétente en matière de protection de la qualité de l'air depuis janvier. Cette marche en avant a une première conséquence : la Métropole s'engage dans un projet pour étudier des mesures de réduction de la circulation. Restrictions sur la rocade ? Anne Walryck, vice-présidente de l'agglomération en charge du...
On sent bien que la conférence internationale de Paris sur le climat approche à grands pas. Même si la pollution de l'air a plutôt tendance à diminuer en Gironde et sur la métropole bordelaise depuis dix ans, le sujet revient tout de même sur la table. Et les élus de l'agglomération commencent à envisager des mesures plus coercitives.

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Il est vrai que Bordeaux Métropole est devenue lauréate vendredi dernier de l'appel à projets Villes respirables en 5 ans, à l'occasion de la Journée nationale de la qualité de l'air. Et qu'elle est compétente en matière de protection de la qualité de l'air depuis janvier. Cette marche en avant a une première conséquence : la Métropole s'engage dans un projet pour étudier des mesures de réduction de la circulation.

Restrictions sur la rocade ?

Anne Walryck, vice-présidente de l'agglomération en charge du développement durable, l'a confirmé en fin de semaine dernière au Club de la presse. Bordeaux Métropole « va réfléchir à des mesures de restriction de circulation pour les véhicules polluants ». Cela signifie que des voitures jugées polluantes, c'est-à-dire des moteurs diesel dont les émissions de particules sont supérieures à certaines normes, pourraient être interdites de circuler à l'approche de la Métropole, et particulièrement sur la rocade bordelaise, les jours de pics de pollution.

Comme cela existe en Allemagne, les véhicules n'arborant pas de vignette environnement (aussi appelée écopastille) ne pourraient rouler dans certaines zones et seraient susceptibles de recevoir une amende en cas d'infraction. La surveillance serait possible par caméra sur un secteur comme la rocade. La France va proposer ce dispositif d'écopastilles de différentes couleurs à partir de janvier prochain, et il pourra être mis en œuvre par les agglomérations volontaires.

Anne Walryck se montre cependant prudente sur cette application. Elle est bien « envisagée », mais il « n'est pas question d'interdire les voitures ». « Nous devons d'abord passer par une phase de concertation, évaluer le dispositif pour s'assurer qu'il ne pénalise pas ceux qui ont le moins de moyens, voir également si d'autres mesures ne permettront pas avant celle-ci de réduire la pollution sur l'ensemble de l'agglomération ».

D'autres ont une approche beaucoup plus radicale que la représentante de Bordeaux Métropole. Le directeur d'Airaq, l'association qui surveille la qualité de l'air en Aquitaine et en Gironde grâce à ses nombreux capteurs, est de ceux-là. « Je sors mon gilet pare-balles pour vous dire qu'un moteur thermique à explosion n'a pas sa place dans un centre urbain. Tout doit simplement changer dans l'organisation de la ville », déclare Patrick Bourquin. Une position qui est aussi peu ou prou celle des élus écologistes. Un discours qui s'appuie sur les données scientifiques sur la pollution de l'air.

Les risques pour la santé

Même si elle a baissé ces dernières années, la pollution de l'air reste à des niveaux assez élevés, particulièrement l'hiver. Or, respirer un air trop pollué est d'abord cancérigène, ainsi que l'affirme depuis 2013 le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Cette pollution aux particules fines provoque aussi des irritations des voies respiratoires et des pathologies cardiovasculaires. Elle serait responsable de 600 000 décès par an dans les 53 pays de la zone Europe.

Pourtant, la voiture n'est pas la première cause de cette pollution de l'air. Il s'agit en fait des chauffages, et particulièrement des chauffages au bois. Ce n'est pas pour rien que la plupart des pics de pollution sont enregistrés l'hiver. Autrement dit, on pollue davantage en mettant du bois dans sa cheminée qu'en roulant avec un 4x4 diesel. En dépit de ce constat, les pouvoirs publics se montrent pour l'instant beaucoup moins interventionnistes concernant les émissions de particules dans l'air par les chauffages au bois. « Il n'est pas question d'interdire, mais d'inciter les habitants de la Métropole à s'équiper d'appareils de chauffage qui garantissent des critères environnementaux », précise Anne Walryck. Une aide financière est pour cela prévue, mais bien évidemment aucune police des cheminées.