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Conseil de Métropole d'Octobre 2016 avec au menu le contrat de plan état région revue de presse

Fichiers joints: 

 

CONSEIL METROPOLITAIN DU 30 OCTOBRE 2015
70 – Contrat de plan Etat-Région 2015/2020 : signature du volet métropolitain
 

Monsieur le Président, mes chers collègues,
La présentation du volet métropolitain du Contrat de Plan Etat Région avait suscité un long débat en commission Infrastructures routières et ferroviaires, animé par tous les bords politiques. Si je comprends bien que la marge de négociation avec l’Etat et la Région sont aujourd’hui faible
 En tenant compte uniquement des sommes engagées par l’Etat et la Métropole, donc hors engagements de la région, le montant du CPER est de 327,42 M€. Plus de 70 % de cette somme est directement fléchée sur le volet « Mobilité multimodale » dont l’objectif est, je cite « d’optimiser l’utilisation des infrastructures de transport et de positionner la métropole bordelaise comme un laboratoire de l’innovation en matière de transports intelligents ».
Nous souscrivons bien sur totalement à cet objectif qui figurait déjà dans les conclusions du Grenelle es mobilités de la Métropole en 2013.
Pourtant ce vœux pieux peine grandement à se concrétiser dans les opérations concrètes planifiées par ce CPER. Plus qu’un volet « Mobilité multimodale », il aurait surement mieux convenu d’appeler ce volet « Tout routier » ou encore « Priorité à la voiture individuelle ».
Deux exemples pour appuyer mon propos :

  • A aucun moment n’est programmé l’aménagement de franchissements de la rocade pour les cyclistes et piétons alors que l’absence de ces équipements est identifiée depuis longtemps comme l’une des causes principales de la rupture de mobilité douce entre l’intra et l’extra rocade.
  • De même, l’utilisation de la future troisième voie de la rocade comme voie dédiée aux transports en commun ou à l’usage collectif de la voiture, demandée depuis fort longtemps par les écologistes, n’est que très timidement évoquée en s’entourant des plus habiles tournures sémantiques. Une formulation plus incisive aurait été nécessaire pour que ce chantier prioritaire pour notre agglomération paralysée par l’auto-solime se concrétise enfin. 

Enfin, nous notons que la construction d’un demi-échangeur pour desservir le secteur Hourcade ne figure pas dans ce CPER alors qu’il est appelé depuis longtemps de leurs vœux par les maires des communes concernées et qu’il était déjà évoqué dans le précédent CPER.
Un protocole d’accord Etat / Métropole nous sera bientôt présenté pour finaliser ce CPER et graver dans le marbre ces engagements forts timides…
Je m’étonne également du montage financier du projet de restructuration de la rocade.
 
Initialement estimés à 200 M€, les travaux de la tranche 1 (entre les échangeurs 16 et 10) ont finalement été ramenés à moins de 135 M€ en identifiant des pistes intéressantes d’économies (abandon de l’éclairage public ; modification des conditions de travaux et notamment du travail de nuit ; résultats favorables de l’appel d’œuvre). Avec un partage de la charge d’investissement de 75% pour l’Etat et de 25% pour la Métropole, les économies réalisées par l’Etat sont donc très importantes, pour une qualité de rendu moindre !
La seconde phase de travaux estimée à 135 M€ (entre les échangeurs 10 et 4 et aménagement de l’échangeur 21) prévoit quant à elle un partage des investissements à 50/50 entre l’Etat et la Métropole. Pourquoi ce changement alors que notre rocade est une voie d’intérêt nationale reconnue comme stratégique par le Ministère des transports ? Mutualisation des coûts, oui, mais à condition qu’elle s’accompagne d’une mutualisation des économies réalisées !
Dans le prolongement de cette analyse, nous regrettons que le volet ferroviaire du CPER consacre la majorité de ses crédits aux études GPSO ou que le volet « transition écologique et énergétique » soit si faiblement pourvu  nous regrettons évidemment que la majorité des crédits soit dédiées aux études GPSO.
Pour ces raisons, nous nous abstiendrons.