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Bordeaux 2050? Mon point de vue et revue de presse

Une démarche de prospective est engagagée à Bordeaux Métropole et un débat sur son opportunité également.  En filigrane, les futures élections municipales..Le rapport de présentation est en pièce jointe.
Je suis tout à fait favorable  à  une ​démarche de réflexion prospective. En effet, gérer une ville, une métropole ou un territoire  ne peut s’arrêter au seul programme sur « papier glacé » des élections tous les 6 ans.
 Les évolutions sociétales sont très rapides, fortes voire soudaines comme l’émergence du phénomène « uber » ou « air b n b ». Il existe donc des remises en causes, positives ou négatives qui appellent des réflexions et qui susciteront d’autres « révolutions ».
Nous allons d’ici 30 ans passés d’une société dont une des bases du développement économique est la consommation de l’énergie fossile à une société qui va devoir s’en passer. Une société dé carbonée, digitalisée, numérisée, robotisée, individualisée, connectée et que sais-je encore​ où le changement climatique induira une évolution des territoires et des terroirs.
 Ainsi, pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, il est absolument nécessaire voire vital d’engager une réflexion avec les élus, avec les citoyens et les forces vives.
 Cependant, il est aussi vital de se nourrir et d’aller chercher des compétences auprès de personnalités capables d’accompagner une dynamique avec tous c​es acteurs.
 C’est pourquoi j’ai suggéré de prendre connaissance de l’expérience menée depuis 2013 dans les Hauts de France avec l’apport de Jérémy RIFKIN sur la démarche pour l’anticipation de la troisième Révolution Industrielle.  
Lors des élections de 2014 j’avais proposé l’idée d’un « master plan » en s’inspirant du projet du Nord avec Jérémy Rifkin.
C'est une démarche innovante, citoyenne qui fédère.
Cette démarche dépasse les clivages politiques et permet un​ vrai travail d’anticipation et d’action.
 Il faut être ambitieux sur ces démarches pour fédérer le maximum d’acteurs.
Avec un budget un milliard d’euros Bordeaux Métropole doit également se projeter dans l’avenir et consacrer quelques moyens à de la recherche et prospective afin d’anticiper ces politiques urbaines.

Bordeaux Métropole : c’est loin 2050 ? article Sud Ouest

La Métropole votera en février l’opération Bordeaux 2050. Vaste opération de prospective pour les uns, piège politique tendu par Juppé à la gauche pour les autres.
C’est lors de la rentrée de septembre 2017 qu’Alain Juppé avait lancé le ballon d’essai. « Il est temps de penser, voire de rêver, le Bordeaux de 2030, voire de 2050. Donc je voudrais organiser en 2018 une sorte de remue-méninges général, impliquant les élus, les services et aussi tout un tas d’institutions, d’autres collectivités, et surtout les citoyens. L’idée est de réfléchir à comment on va lutter contre la cogestion de l’agglomération ? Quelle place pour la nature ? Comment atteindre l’objectif d’une métropole décarbonée ? L’idée serait de déboucher à l’horizon 2019 sur un projet ‘‘Bordeaux 2030–2050’’ ».

Lancement le 16 février
L’idée a depuis fait son chemin. Dans la plus pure tradition co-gestionnaire de la Métropole, droite et gauche main dans la main, les membres du bureau (l’organe exécutif) ont acté jeudi dernier le lancement de Bordeaux 2050. Il aura lieu lors de l’assemblée plénière du 16 février. Il s’agit de réfléchir, donc, à ce que doit devenir l’agglomération de Bordeaux dans vingt ans. Les transports, le logement, la nature, tous les grands thèmes seront abordés. Sans orientation politicienne, promis. Mais c’est quand même Alain Juppé qui conserve les manettes. Il présidera le comité de pilotage et il a placé deux proches aux postes clé. Le maire centriste de Saint-Médard-en-Jalles, Jacques Mangon, tout d’abord, qui sera l’élu de référence au sein de Bordeaux 2050. Le président de la Métropole a ensuite recasé sa très fidèle ex-directrice de l’aménagement, Michèle Laruë-Charlus, bombardée chef d’orchestre de Bordeaux 2050.

Le cheval de Troie d’Agora
Cette fonctionnaire récemment retraitée a posé sa patte sur tous les grands projets d’urbanisme de l’ère Juppé. Ses adversaires lui reprochent d’avoir toujours favorisé ses « protégés », des architectes de renom qui auraient utilisé la biennale Agora comme cheval de Troie. De fait, plusieurs commissaires d’Agora ont hérité, quelque temps après, de chantiers conséquents dans l’agglo. Nicolas Michelin, l’homme de la rénovation des Bassins à flot, est le plus emblématique. Mais même les adversaires de Michèle Laruë-Charlus lui reconnaissent une compétence, une vision et une capacité à tirer l’ambition architecturale de la cité vers le haut. La voilà donc aux commandes de Bordeaux 2050.

Une charte du bien construire devrait être signée courant février.
Crédit photo : archives laurent theillet

Notons que ce n’est pas la première fois qu’Alain Juppé recase un proche en fin de carrière. En 2011, la mission Grand Stade avait été confiée à Thierry Guichard, tout juste retiré de la direction des services techniques de la CUB. Plus récemment Alain de Bouteiller, le très discret ex-directeur des services de la Ville, chargé de la liste pour les municipales de 2014.
À gauche, les maires jouent le jeu de ce grand remue-méninges non partisan. « C’est normal et souhaitable de réfléchir à ce que l’on veut devenir. On l’avait déjà fait sous la présidence de Vincent Feltesse », note le maire EELV de Bègles, Clément Rossignol-Puech. « La prospective est indispensable, tous les maires ont des choses à dire », ajoute Christine Bost, maire PS d’Eysines. Tous deux seront de l’aventure. Alain Anziani, maire socialiste de Mérignac, aussi : « Il faut se projeter, c’est essentiel, même s’il y a entre nous des visions différentes, par exemple sur l’urbanisme ou la place de la voiture ». Problème : après avoir défini ensemble l’agglo idéale de 2050, comment les membres du club se démarqueront-ils pour aller à la bataille des municipales, en 2020 ? Sauf à dire que les programmes électoraux s’inspireront de tout sauf de ce dont les élus auront parlé pendant deux ans, sur quoi ils se seront mis d’accord, et à quoi ils auront consacré un budget de 1,2 million d’euros, enveloppe de fonctionnement dévolue à Bordeaux 2050…

Rifkin plutôt que Laruë-Charlus ?
Pour certains élus, l’opération est le dernier piège politique imaginé par Alain Juppé. « En donnant un poste à Mangon il se protège de l’émergence d’un pôle centriste. En embarquant la gauche dans la réflexion, il la ligote. La réflexion en commun ne pourra pas donner quelque chose de clivant. Il faudra bien qu’à un moment gauche et droite se démarquent », souligne un maire de la rive gauche. À Eysines, Christine Bost ne voit pas le mal. Elle participera avec le même enthousiasme à Bordeaux 2050 du président Juppé et à BMQ, Bordeaux Métropole des quartiers, le club concurrent lancé par le socialiste Vincent Feltesse, qui rêve de prendre la mairie de Bordeaux. Bonjour les contorsions. « Oui, cela nourrira nos programmes électoraux, il serait dommage que cela ne soit pas le cas. Mais le moment venu chacun saura faire valoir sa sensibilité », justifie l’élue. « Il n’y a pas de piège, affirme Jacques Mangon. Le projet de 1995 est à pleine maturité, il faut imaginer la suite en acceptant le risque d’un grand débat, avec une nouvelle façon de concevoir. Cela ne débouchera pas sur un projet électoral clé en main. Le calendrier montre que ce n’est pas un piège. On réfléchit tous ensemble et on se quitte bons amis, assez loin avant 2020 ». Finalement, le seul point qui divise vraiment est le casting.
« Michèle Laruë-Charlus est sans doute une femme compétente, mais il vaudrait mieux confier le pilotage à une personnalité qualifiée, un profil extérieur et de haut niveau », estime le maire de Bègles. « Est-elle la bonne personne ? Elle est très marquée Juppé, il faudrait peut-être lui associer des personnalités différentes », note Christine Bost. Gérard Chausset, élu écologiste à Mérignac, a proposé hier à Alain Juppé de s’adjoindre les services d’une pointure. À l’image de la mission confiée par le département du Nord à l’essayiste américain Jeremy Rifkin en 2013. Un as de la prospective, théoricien de la troisième révolution industrielle, et l’assurance de nombreuses retombées médiatiques.
 
 

Bordeaux Métropole : c’est loin 2050 ?

La Métropole votera en février l’opération Bordeaux 2050. Vaste opération de prospective pour les uns, piège politique tendu par Juppé à la gauche pour les autres.
C’est lors de la rentrée de septembre 2017 qu’Alain Juppé avait lancé le ballon d’essai. « Il est temps de penser, voire de rêver, le Bordeaux de 2030, voire de 2050. Donc je voudrais organiser en 2018 une sorte de remue-méninges général, impliquant les élus, les services et aussi tout un tas d’institutions, d’autres collectivités, et surtout les citoyens. L’idée est de réfléchir à comment on va lutter contre la cogestion de l’agglomération ? Quelle place pour la nature ? Comment atteindre l’objectif d’une métropole décarbonée ? L’idée serait de déboucher à l’horizon 2019 sur un projet ‘‘Bordeaux 2030–2050’’ ».

Lancement le 16 février
L’idée a depuis fait son chemin. Dans la plus pure tradition co-gestionnaire de la Métropole, droite et gauche main dans la main, les membres du bureau (l’organe exécutif) ont acté jeudi dernier le lancement de Bordeaux 2050. Il aura lieu lors de l’assemblée plénière du 16 février. Il s’agit de réfléchir, donc, à ce que doit devenir l’agglomération de Bordeaux dans vingt ans. Les transports, le logement, la nature, tous les grands thèmes seront abordés. Sans orientation politicienne, promis. Mais c’est quand même Alain Juppé qui conserve les manettes. Il présidera le comité de pilotage et il a placé deux proches aux postes clé. Le maire centriste de Saint-Médard-en-Jalles, Jacques Mangon, tout d’abord, qui sera l’élu de référence au sein de Bordeaux 2050. Le président de la Métropole a ensuite recasé sa très fidèle ex-directrice de l’aménagement, Michèle Laruë-Charlus, bombardée chef d’orchestre de Bordeaux 2050.

Le cheval de Troie d’Agora
Cette fonctionnaire récemment retraitée a posé sa patte sur tous les grands projets d’urbanisme de l’ère Juppé. Ses adversaires lui reprochent d’avoir toujours favorisé ses « protégés », des architectes de renom qui auraient utilisé la biennale Agora comme cheval de Troie. De fait, plusieurs commissaires d’Agora ont hérité, quelque temps après, de chantiers conséquents dans l’agglo. Nicolas Michelin, l’homme de la rénovation des Bassins à flot, est le plus emblématique. Mais même les adversaires de Michèle Laruë-Charlus lui reconnaissent une compétence, une vision et une capacité à tirer l’ambition architecturale de la cité vers le haut. La voilà donc aux commandes de Bordeaux 2050.

Une charte du bien construire devrait être signée courant février.
Crédit photo : archives laurent theillet

Notons que ce n’est pas la première fois qu’Alain Juppé recase un proche en fin de carrière. En 2011, la mission Grand Stade avait été confiée à Thierry Guichard, tout juste retiré de la direction des services techniques de la CUB. Plus récemment Alain de Bouteiller, le très discret ex-directeur des services de la Ville, chargé de la liste pour les municipales de 2014.
À gauche, les maires jouent le jeu de ce grand remue-méninges non partisan. « C’est normal et souhaitable de réfléchir à ce que l’on veut devenir. On l’avait déjà fait sous la présidence de Vincent Feltesse », note le maire EELV de Bègles, Clément Rossignol-Puech. « La prospective est indispensable, tous les maires ont des choses à dire », ajoute Christine Bost, maire PS d’Eysines. Tous deux seront de l’aventure. Alain Anziani, maire socialiste de Mérignac, aussi : « Il faut se projeter, c’est essentiel, même s’il y a entre nous des visions différentes, par exemple sur l’urbanisme ou la place de la voiture ». Problème : après avoir défini ensemble l’agglo idéale de 2050, comment les membres du club se démarqueront-ils pour aller à la bataille des municipales, en 2020 ? Sauf à dire que les programmes électoraux s’inspireront de tout sauf de ce dont les élus auront parlé pendant deux ans, sur quoi ils se seront mis d’accord, et à quoi ils auront consacré un budget de 1,2 million d’euros, enveloppe de fonctionnement dévolue à Bordeaux 2050…

Rifkin plutôt que Laruë-Charlus ?
Pour certains élus, l’opération est le dernier piège politique imaginé par Alain Juppé. « En donnant un poste à Mangon il se protège de l’émergence d’un pôle centriste. En embarquant la gauche dans la réflexion, il la ligote. La réflexion en commun ne pourra pas donner quelque chose de clivant. Il faudra bien qu’à un moment gauche et droite se démarquent », souligne un maire de la rive gauche. À Eysines, Christine Bost ne voit pas le mal. Elle participera avec le même enthousiasme à Bordeaux 2050 du président Juppé et à BMQ, Bordeaux Métropole des quartiers, le club concurrent lancé par le socialiste Vincent Feltesse, qui rêve de prendre la mairie de Bordeaux. Bonjour les contorsions. « Oui, cela nourrira nos programmes électoraux, il serait dommage que cela ne soit pas le cas. Mais le moment venu chacun saura faire valoir sa sensibilité », justifie l’élue. « Il n’y a pas de piège, affirme Jacques Mangon. Le projet de 1995 est à pleine maturité, il faut imaginer la suite en acceptant le risque d’un grand débat, avec une nouvelle façon de concevoir. Cela ne débouchera pas sur un projet électoral clé en main. Le calendrier montre que ce n’est pas un piège. On réfléchit tous ensemble et on se quitte bons amis, assez loin avant 2020 ». Finalement, le seul point qui divise vraiment est le casting.
« Michèle Laruë-Charlus est sans doute une femme compétente, mais il vaudrait mieux confier le pilotage à une personnalité qualifiée, un profil extérieur et de haut niveau », estime le maire de Bègles. « Est-elle la bonne personne ? Elle est très marquée Juppé, il faudrait peut-être lui associer des personnalités différentes », note Christine Bost. Gérard Chausset, élu écologiste à Mérignac, a proposé hier à Alain Juppé de s’adjoindre les services d’une pointure. À l’image de la mission confiée par le département du Nord à l’essayiste américain Jeremy Rifkin en 2013. Un as de la prospective, théoricien de la troisième révolution industrielle, et l’assurance de nombreuses retombées médiatiques.