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Une primaire pour le renouveau de l'écologie

Ce vote a évité les jeux habituels des partis. Les militants, les sympathisants, ont mis devant deux militants de l’écologie reconnus pour leurs combats et leurs militantismes hors des appareils.
Si c’est une désillusion pour Cécile DUFLOT, qui paie la gestion de dix ans d’EELV avec Jean-Vincent PLACE, un passage au gouvernement chaotique et un rapprochement avec Jean-Luc MEL​E​NCHON incompris, c’est aussi un signe de renouveau, un espoir pour l’écologie politique tout simplement.
Article de Sud Ouest

Primaire écologiste : Cécile Duflot boit la tasse

Camouflet pour Cécile Duflot, qui arrive en troisième position de la primaire écologiste, derrière les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi.
Un éditorialiste parisien l'a rebaptisée « Cécile Duflop »… Plus que la qualification de Yannick Jadot et de Michèle Rivasi pour le deuxième tour de la primaire écologiste, c'est bien sûr l'élimination sans gloire de Cécile Duflot qui constitue un coup de théâtre - dont les Verts sont devenus les spécialistes. Les têtes sont souvent tombées chez les écologistes. Cette fois, c'est celle de Cécile Duflot qui roule à terre.
Bien qu'elle n'ait pas le titre officiel de secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts, porté par David Cormand après le départ d'Emmanuelle Cosse, personne n'était dupe. L'ancienne ministre de François Hollande était redevenue, à 41 ans, la tête pensante d'un parti financièrement exsangue et démonétisé par le départ de nombreux élus en désaccord avec la ligne dure antigouvernementale de Cécile Duflot, laquelle fut un temps proche de Jean-Luc Mélenchon avant de s'en éloigner dans le fracas quelques mois plus tard.
Celle qui avait été élue députée de Paris en 2012 - grâce à un accord électoral avec les socialistes - et qui aura du mal à garder son écharpe n'imaginait pas une seconde échouer au premier tour. Ses partisans estimaient qu'un deuxième tour constituerait déjà un sérieux revers. Elle rêvait de se retrouver face à François Hollande et s'affirmait même capable d'être la première présidente écologiste.

Surprise totale
Depuis plusieurs mois, Cécile Duflot arborait d'ailleurs des tenues vestimentaires et des lunettes plus austères. Elle avait aussi domestiqué son élocution et son timbre de voix, ainsi que ses tweets, dans la perspective de 2017. Autant dire que la surprise est totale, y compris pour les élus qui ne la soutenaient pas, comme la Charentaise Françoise Coutant, vice-présidente de la Nouvelle-Aquitaine.
« Je misais sur un deuxième tour entre Yannick, pour qui j'ai voté, et Cécile, dit-elle. Mais Michèle Rivasi a fait une très belle campagne, et sa qualification n'est donc pas si surprenante. Ce sera un beau deuxième tour, très indécis. »
S'avouant « très déçue », Cécile Duflot a choisi de ne donner aucune consigne de vote, tout en promettant de continuer à se battre pour l'écologie.
Reste que les 12 582 votants (bien plus que les adhérents d'EELV, qui fondent comme les glaciers de l'Arctique) ont justement, moyennant une participation de 5 euros, préféré accorder leurs suffrages à deux élus, certes moins connus et moins médiatisés que Cécile Duflot, mais dont le CV a plus de crédibilité écologiste que celui de la députée de Paris.
Celle-ci avait d'ailleurs choisi comme directrice de campagne la militante féministe Caroline De Haas, fer de lance du combat contre la loi El Khomri mais pas vraiment réputée pour son engagement en faveur de l'environnement.

« Esprit de secte »
José Bové, qui n'a pas voulu choisir entre ses trois collègues eurodéputés Yannick Jadot, Michèle Rivasi et Karima Delli, se réjouit de ce premier tour qui, selon lui, condamne la ligne politique des Verts de ces dernières années.
« Yannick Jadot et Michèle Rivasi viennent, comme moi, de l'ouverture des Verts à ce qu'on a appelé la société civile écologiste et qui a donné d'excellents résultats électoraux aux européennes de 2009. Mais, très rapidement, l'esprit d'appareil et même de secte des Verts a tout verrouillé. On ne parlait plus d'écologie mais de tactiques politiques. »
L'eurodéputé vise clairement Cécile Duflot, qui pendant des années, avec Jean-Vincent Placé (avant qu'ils ne se brouillent), pensait surtout à maîtriser le gouvernail du bateau vert plutôt qu'à lui donner un cap.
Un point de vue partagé par l'adjoint au maire de Mérignac Gérard Chausset, pour qui Jadot et Rivasi se sont comportés « en militants et non pas en apparatchiks ». « C'est un vote d'espoir pour l'écologie politique », assure Gérard Chausset, tandis que José Bové « retrouve l'envie de participer à la campagne présidentielle ».