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Bluecub : un anniversaire sans fanfare dans Sud Ouest

La location des véhicules a démarré doucement. Elle devrait progresser avec l’extension du réseau.
60 véhicules sont en moyenn loués chaque jour. La durée des trajets est courte : 38 minutes pour une distan ce parcourue de 7,4 km. © Photo
archives philippe taris LAURIE BOSDECHER
Dans le flot de la circulation, cherchez les Bluecub. Elles ne sont pas très nombreuses. Il y a un an, jour pour jour, le service de voitures en libre-service du groupe Bolloré était officiellement lancé dans l'agglomération. Les véhicules électriques couleur gris métal ont fait couler beaucoup d'encre. Difficile d'en dire autant pour le nombre de kilomètres parcourus.
Le bilan de cette première année d'exercice est « satisfaisant. Nous sommes dans les objectifs que nous nous étions fixés », avance François-Xavier Gardère, directeur de Bluecub. 22 200 locations ont été effectuées lors de ces douze premiers mois. Le service compte 800 abonnés annuels. 930 personnes ont pris un abonnement hebdomadaire, 270 un abonnement mensuel.
80 % des trajets ont lieu dans Bordeaux intra-muros. Logique. La majorité des 40 stations est située dans ce périmètre. Ces trajets durent en moyenne 38 minutes et ont plus souvent lieu le week-end que la semaine. Distance moyenne parcourue : 7,4 kilomètres.
Système pas encore rentable
Pour Brigitte Terraza, maire de Bruges et vice-présidente de Bordeaux Métropole, en charge des mobilités alternatives, le bilan est « plutôt positif ». Mais de reconnaître que le service manque encore de visibilité.
Avec 164 000 kilomètres au compteur pour 90 véhicules, le système n'est pas encore rentable. On ne pourra pas faire de reproches à la puissance publique. Le groupe Bolloré supporte seul tous les frais : installation des stations, redevance annuelle aux communes pour occupation temporaire du domaine public (130 euros annuels par place), électricité et salaires des trente employés de Bluecub.
Pas de quoi faire baisser les bras au groupe privé. D'ici fin 2015, 40 autres stations auront vu le jour dans l'agglomération. « Nous comptons d'ici la fin de l'année couvrir dix communes », indique François-Xavier Gardère.
40 nouvelles stations
Pessac, Bègles, Bruges, Talence, Mérignac sont déjà inscrites sur la liste des nouvelles stations. Des discussions sont en cours avec d'autres villes. « Le déploiement de cette deuxième phase se fera progressivement », relate François-Xavier Gardère. Dès qu'une station sera terminée, elle sera opérationnelle. Fin 2015, 200 véhicules électriques en libre-service seront en circulation dans l'agglomération. Parmi les nouvelles voitures, une vingtaine sera de la marque Renault. Le groupe Bolloré et le constructeur automobile ont signé en fin d'année un partenariat.
« Quand le territoire sera mieux maillé, notamment au-delà des boulevards de Bordeaux, il y aura plus d'utilisateurs, prédit Brigitte Terraza. La métropole a tout intérêt à avoir un maillage cohérent du dispositif. Les Bluecub sont un maillon de la mobilité. »
Quid de la démotorisation
L'argument ne convainc pas Gérard Chausset, élu EE-LV à Mérignac et à Bordeaux Métropole. « Les écologistes n'ont jamais été très favorables à ce dispositif, dit-il. On facilite encore l'usage de la voiture. »
Les études réalisées sur Autolib, dispositif similaire du groupe Bolloré à Paris, vont dans ce sens. Les voitures électriques en libre-service démotorisent un peu mais libèrent peu de places de stationnement. Si elles contribuent à la qualité de l'air avec une électricité garantie non nucléaire, elles favorisent le report modal à l'envers prenant des parts au vélo, aux transports en commun ou à la marche.
« Contrairement aux VCub, l'utilisation des Bluecub n'a pas décollé dans ses premiers mois de fonctionnement », observe Gérard Chausset qui espérait initialement que le dispositif permette à de nombreux habitants de se débarrasser de leur deuxième véhicule.
Peut-être faudra-t-il attendre la deuxième phase. Dans le périmètre actuel des stations, les trajets peuvent se faire facilement à vélo, en bus ou en tramway en moins de temps. On voit mieux l'intérêt du service pour se rendre de Bordeaux au centre-ville de Bruges ou de Pessac. Rêvons un peu. Un jour il sera peut-être possible d'aller en Bluecub à l'aéroport (mais pas en 2015).