"TRANSPORTS. Stop à l’autosolisme" par D Manenc de Sud Ouest

Fichiers joints: 

Les Verts veulent sensibiliser les automobilistes, souvent
seuls au volant, à changer leurs habitudes de déplacement
L’autosolisme, une bien mauvaise habitude contre laquelle luttent les Verts
depuis longtemps. Sur le terrain, la preuve saute aux yeux. Ce matin-là, à
l’angle des rues Henri-Vigneau, des avenues de la Somme et de l’Alouette,
une poignée de militants font le pied de grue aux feux de croisement pour
distribuer des tracts aux conducteurs. Qui, immanquablement sont seuls au
volant de leur véhicule. « Savez-vous que le premier kilomètre parcouru
consomme 50 % de plus de carburant - et le second 25 % - de plus que les
suivants ? » interroge Gérard Chausset, maire-adjoint à l’environnement. Le
monsieur, impassible, rétorque : « Ca ne m’intéresse pas ! ». Arrive un 4x4
 : le propriétaire, clope au bec, jette un oeil condescendant sur le petit
papier jaune : « C’est vrai, je pourrais prendre le vélo parce que j’habite
à 500 mètres de mon lieu de travail et je parcours à peine 8OOO km par an ».
Et il démarre sur les chapeaux de roues. La jeune fille stoppe au feu,
souriante : « Inimaginable d’aller de Pessac à Carrefour, où je travaille,
autrement qu’en voiture ». Les militants gardent le moral devant autant de
conviction. « Merci, au revoir et bonne journée », leur lance cet
automobiliste qui tire une bouffée de cigarette. Une dame enceinte baisse sa
vitre : « Le vélo, ça sera pour plus tard ! ». Une lueur d’espoir se fait
jour avec cette conductrice, également seule au volant : « Je vous rassure,
avec mon mari nous faisons du co-voiturage trois fois par semaine entre
Saucats et Mérignac ». Le militant vert touche la victoire du doigt.
Les élus des années 70.
Xavier Svahn, maire adjoint vert à l’énergie a rejoint ses camarades : « Le
non à l’autosolisme, c’est notre champ de bataille. 50 % des gens prennent
leur voiture pour des distances inférieures à trois kilomètres. On veut plus
de complémentarité avec le vélo, le transport en commun et les circulations
douces. Les problèmes d’embouteillage, de saturation des rocades, de la
pollution atmosphérique et du réchauffement climatique sont aggravés par
l’utilisation de la voiture. Avec le vélo et les transports en commun on
gagne du temps, de l’argent et on économise la santé ».
A chaque feu, les Verts lâchent un morceau de message : « Les cyclistes
disent que l’air est pollué mais il l’est autant dans l’habitacle d’un
véhicule puisqu’il vient de l’extérieur ». Il y a aussi l’argument hygiène :
« Une demi-heure de vélo quotidien diminue de 50 % les risques de maladie
cardio-vasculaire et permet de lutter contre l’obésité », commente Gérard
Chausset. Dans une vingtaine de villes de France, un programme national
encourage d’ailleurs les enfants à aller à l’école en pédalant pour lutter
contre ce phénomène. « Pas question de culpabiliser les gens, ajoute l’élu à
l’environnement, mais il faut les encourager à changer leurs habitudes
chaque fois que c’est possible. Il faut que chacun fasse une part du chemin
et que le citoyen fasse un premier pas ». Gérard Chausset égratigne au
passage les politiques des années 70 qui ont laissé la voiture envahir la
ville : « On ne peut pas résoudre les problèmes du XXIe siècle avec des
idées du XXe. Les socialistes et la droite ne se préoccupent pas assez de
l’environnement. Il faut plus de jeunes et plus de femmes au pouvoir

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