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David Cormand sur les écologistes au gouvernement : "Ils se sont trompés" Mon commentaire : le problème c’est qu’il y en a beaucoup qui se sont trompés!

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David Cormand sur les écologistes au gouvernement : "Ils se sont trompés"

Publié le 30/03/2016 . Mis à jour à 09h21 par Jean-Denis Renard

David Cormand : « De l’ordre de l’affichage. » ©

Présent dans la région, le secrétaire national d’EELV juge sévèrement l’entrée d’écologistes au gouvernement.

Secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) depuis le retrait d'Emmanuelle Cosse et son entrée au gouvernement, David Cormand est pour trois jours en Aquitaine : à Pau aujourd'hui, à Bordeaux demain et à Agen vendredi.

« Sud Ouest ». Quels sont les motifs de ce déplacement ?

David Cormand. À l'origine, j'étais invité à Pau par les militants pour échanger sur la cause animale, un sujet auquel ils sont très sensibles. Nous ne savions évidemment pas que nous serions rattrapés par l'actualité [NDLR : l'affaire de l'abattoir de Mauléon, lire en page 8]. Nous allons aussi parler du rassemblement des multinationales de l'énergie à Pau la semaine prochaine. À Bordeaux, je participerai à la manifestation de jeudi contre la loi El Khomri et je soutiendrai les initiatives contre les pesticides. L'élu EELV Gérard Chausset y est très impliqué. Enfin, à Agen, il s'agira surtout de parler du sujet de l'artificialisation des sols.

Comment les militants ont-ils vécu le départ d'Emmanuelle Cosse ?

Nombre d'entre eux ont été ébranlés par ce départ soudain. Je veux réfléchir avec eux à l'ouverture d'un nouveau cycle pour l'écologie.

EELV avait signé un accord de mandature avec le PS à la fin 2011. Les conditions sont-elles réunies pour entrer en discussion avec les socialistes dans la perspective des élections de 2017 ?

Non, elles ne sont pas réunies pour trouver un accord. Celui de 2011 n'a pas été respecté par notre partenaire. Depuis 2012, la ligne politique du gouvernement n'a jamais pris l'écologie en considération. Depuis 2014 et l'arrivée de Manuel Valls au poste de Premier ministre, c'est encore plus flagrant. On voit mal comment on pourrait poser avec le PS les bases d'un projet compatible avec l'écologie.

La conférence environnementale se déroulera les 25 et 26 avril à l'Élysée. Qu'en attendez-vous ?

Il est difficile d'en attendre quoi que ce soit. À chaque fois, on y entend de très beaux discours qui ne sont pas suivis d'effets. Sur la transition énergétique, le gouvernement est prêt à céder à la tentation de proroger les centrales nucléaires comme celle du Blayais, ce qui va à l'encontre des principes posés par la loi. Sur la biodiversité, la création d'une grande agence s'accompagnera d'une dotation budgétaire qui n'est absolument pas à la hauteur des enjeux. Et sur la démocratie environnementale, on a sous les yeux un véritable contre-exemple avec le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. La réduction du périmètre du référendum au seul département de la Loire-Atlantique est antidémocratique. C'est d'ailleurs ce qu'a relevé le Conseil national de la transition écologique la semaine dernière, une instance pourtant créée par le gouvernement !

Que préconisez-vous comme périmètre ?

Au minimum les deux régions Bretagne et Pays de la Loire, puisque cet aéroport a toujours été présenté comme un projet d'infrastructure devant rayonner sur le Grand ouest. Les deux collectivités ont d'ailleurs été sollicitées pour son financement.

On comprend mal la réduction du périmètre au département, si ce n'est pour des motifs purement politiques.

Emmanuelle Cosse est au gouvernement, ainsi que les écologistes Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé. Comment jugez-vous leur action ?

Les faits nous donnent hélas raison, et ce n'est pas une surprise. Nous sommes sortis du gouvernement à l'arrivée de Manuel Valls en 2014 parce que nous avions la conviction qu'il nous serait impossible de peser sur la ligne.

Le constat est le même aujourd'hui. L'écologie est de l'ordre de la parole et de l'affichage pour ce gouvernement, pas des actes. Ils se sont malheureusement trompés.

 

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