Rentrée politique du groupe EELV à la CUB

Les écologistes et la « cogestion émolliente »

Les élus écologistes de la CUB entendent prendre une part active au débat et se positionner à la fois comme force de proposition et comme voix discordante.

Sylvie Cassou, Pierre Hurmic et Gérard Chausset (au fond), le groupe EELV veut faire entendre sa différence et être force de proposition dans l’année compliquée qui s’ouvre. ©

x.sota@sudouest.fr

En cette rentrée, les troupes écologistes à la CUB, comme celles de gauche, sont un peu plus clairsemées qu'avant les municipales. Cinq élus plus un vice-président qui n'est certes plus militant EELV mais toujours écologiste : Noël Mamère, le maire de Bègles. Lors de la dernière mandature, ils étaient neuf élus, dont trois vice-présidents. Une cure d'amaigrissement qui ne refroidit pas les restants, qui entendent compter dans les débats à venir. C'est d'ailleurs le seul groupe politique à faire sa rentrée avec quelques avertissements à faire valoir.

Tram low-cost

Concernant les transports, Gérard Chausset (Mérignac), ancien vice-président aux transports de demain, met les pieds dans le plat. « Avec un plan prévisionnel d'investissement autour de 200 millions d'euros, on ne va pas pouvoir financer du tramway à 25 millions d'euros le kilomètre. On ne va pas pouvoir tout faire. » Car la réalisation des lignes de tram priorisées par le SDODM (Schéma directeur opérationnel des déplacements métropolitains) pourrait grever tout ou partie de l'enveloppe d'investissement du mandat. « La liaison aéroport devrait coûter autour de 100 millions, que va-t-il rester pour les autres projets ? » Il décoche son idée : « Un tram low-cost. Il faut être innovant et réduire le coût à 15 millions d'euros comme l'a fait Dijon. Il existe des techniques nouvelles qui permettent de faire des travaux moins lourds ». L'élu, explique en complément que « l'agglomération est addict au tramway. En terme d'économie, il serait plus judicieux d'implanter des bus à haut niveau de service et dans un second temps, si on le peut faire, du tram ».

Pierre Hurmic (Bordeaux) complète : « On investit de manière désordonnée. On met le paquet sur l'aéroport qui va perdre 800 000 passagers avec l'arrivée de la LGV. Et il n'y a rien pour la gare. »

Loyers encadrés

Autre cheval de bataille des écologistes : l'encadrement des loyers. Pour mémoire, Alain Juppé a plaidé pour la mise en place d'un observatoire. Sylvie Cassou (Mérignac) interpelle le président et son premier président Alain Anziani, maire PS de Mérignac : « L'agglomération faisait partie des 18 sites retenus pour observer le prix des loyers. Nous avons bien avancé sur ce sujet. Nous sommes favorables à un observatoire, sauf qu'il existe déjà ! Une grosse partie du travail a été accomplie. On dispose du diagnostic. Il faut porter les remèdes. »

Les élus écologistes entendent exister dans cette nouvelle assemblée. « Nous voterons à la carte, avec les nuances que nous avons les uns et les autres », relève Pierre Hurmic.

L'avantage des écologistes, c'est que le débat interne est consubstantiel de leur engagement. D'ailleurs, question écologie, le Bordelais constate : « Les dotations de l'État sont en baisse, néanmoins il existe des financements très ciblés par l'État ; territoire zéro gaspillage, territoire à énergie positive, qui donnent droit à des subventions, mais la CUB n'a pas l'air très intéressée. » Les écologistes entendent animer les débats de ce que Pierre Hurmic qualifie de « cogestion émolliente ».

Conseil de rentrée La CUB reste sur le mode de la cogestion malgré l'écrasante majorité de Communauté d'avenir (63 sièges). Le PS a 29 sièges, le PC et EELV disposent de 6 sièges chacun, et un siège pour le FN.

 

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