L'écologie à la peine!

Les déclarations de François De Rugy ce 28 janvier 2019 lors de la signature d’un contrat stratégique entre l’Etat et la filière nucléaire mentionnant cette dernière « comme importante » m’ont heurté. Certes, nul ne peut ignorer que le nucléaire est important en France, mais au-delà des mots,  ces propos laissent la place, comme cela était déjà annoncé dans la PPE, à un renouveau de cette énergie à travers l’EPR sous le concept de « nouveau nucléaire ». Ils sonnent comme un désaveu au militant que je suis ; ils remettent en cause sérieusement la mise en œuvre d’une réelle politique de transition écologique ambitieuse basée sur les énergies renouvelables.
 
Je sais combien il est difficile de lutter contre le nucléaire en France et que en sortir nécessite  une volonté de fer. François De Rugy n’a pas marqué sa différence et fait abstraction de ses combats antérieurs. Je désapprouve cette attitude.
 
Certes, Emmanuel Macron n’a pas été élu sur un projet « écolo », mais on sait très bien que ramener déjà la part de production d’électricité à 50% d’ici 10 à 15 ans nécessite un combat permanent et non des accommodements. On ne peut pas décemment faire l’éloge d’une filière qui est un gouffre pour les finances publiques, sans parler des conditions de travail des salariés et des intérimaires, quand en même temps l’EPR de Flamanville coutera au bas mot 12 milliards au lieu de 3!
 
En 2017 j’avais mis beaucoup d’espoirs sur l’alliance entre Emmanuel Macron et le militant investi qu’est Nicolas Hulot. C’était l’occasion de sortir l’écologie politique de sa culture minoritaire et de parler au plus grand nombre. Sauf l’heureuse mobilisation citoyenne, sa démission fut un choc qui n’a pas été prise en considération depuis.  Les récentes déclarations d’Emmanuel Macron dans la Drome le 24 janvier marquent un nouveau recul sur la volonté d’interdire le glyphosate d’ici trois ans et sont l’illustration là aussi d’un lent désengagement pour une écologie ambitieuse.
Comme pour le nucléaire, on sait très bien que sortir du glyphosate est complexe, mais j’attends d’Emmanuel Macron une autre politique que des gages donnés à l’ancien monde comme l’agriculture conventionnelle. Je suis en désaccord avec cette position.
 
La crise politique que nous vivons nécessite un vrai cap, une exigence nouvelle. Je souhaite que ce gouvernement réussisse, car les alternatives actuelles ne sont pas attrayantes mais c’est avec regrets que je constate que l’écologie devient une variable d’ajustement.
 
Pour ma part j’attends du Grand Débat qu’il apporte des solutions concrètes aussi sur la transition écologique autre que les renoncements actuels. J’y participerais  avec des propositions et une forte exigence.
 
Gérard CHAUSSET
Adjoint au Maire de Mérignac
 
 

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