La quadrature du giratoire

La dernière concertation publique sur la future desserte de l’aéroport fait ressortir l’utilité de passages en souterrain pour désengorger le rond-point avenue Cassin.

Faut-il faire passer les seules voitures en souterrain au rond-point de l'avenue René-Cassin, ou bien creuser plus profond pour permettre aux camions de faire pareil ? À moins qu'on construise un auto pont ? Ces trois scénarios ont accaparé une bonne partie des débats, lundi soir, à la Maison des associations, lors de la dernière concertation publique préalable, consacrée à « l'amélioration de la desserte en transports en commun de la zone d'activité aéroportuaire de Mérignac depuis Bordeaux centre et vers le réseau ferroviaire ».

La constante automobile

Le futur schéma de circulation aura des incidences sur la circulation automobile. Or le dernier rond-point avant l'aéroport souffre d'une saturation chronique puisqu'il récupère, en plus de la desserte du site, le trafic nord-sud de la Métropole, dont celui des gros employeurs de l'aéroparc.

Et la situation ne va pas s'améliorer. « Demain, il y aura plus de voitures qu'aujourd'hui », prévient Alexis Cournet, chef de projet de Bordeaux Métropole. L'argument est repris par Alain Anziani pour expliquer la nécessité de garder deux fois deux voies sur l'avenue Kennedy : « l'objectif n'est pas d'enlever des voies aux voitures, mais de faire cohabiter les deux modes de transport, sinon on risque à nouveau l'asphyxie ».

Gérard Chausset (EELV) ne partage pas le pronostic. « Il faut que le transport en site propre prenne de la place sur la voiture. Le but est d'améliorer la situation… » Pour le volet transport en commun, deux options se détachent sur les six scénarios étudiés par Bordeaux Métropole : le tramway en voie unique (avec croisement des rames dans les stations) ou une liaison Quinconces aéroport en BHNS. Et c'est le tramway qui peut poser plus de difficultés de cohabitation avec la voiture, notamment aux intersections.

Investissements

Mais ce n'est pas le seul argument qui joue en sa défaveur : « Quand on regarde les éléments financiers, on voit que le tramway est moins avantageux que ce que j'appelle le tram-bus et vous dénommez le BHNS », relève Denis Teisseire de Trans'Cub. Selon Bordeaux Métropole, le tramway est nettement moins rentable quand on met en regard le coût d'investissement et les économies de fonctionnement du réseau de transport. Le débat n'est donc pas clos sur le sujet.

Quel que soit le mode choisi, l'aménagement du rond-point au bout de l'avenue Cassin a besoin d'être tranché. Nicolas Fontaine, en charge de la mobilité estime que « le temps de circulation a diminué de moitié sur ce giratoire » depuis les travaux d'un million effectués cet été. Mais, avec le tram ou le BHNS, il faudra des changements bien plus importants. Le choix d'un auto pont est vite écarté par les élus et les associations. Reste le creusement d'un passage qui soulève une question de prix : « 10,5 ou 12,5 millions d'euros en fonction du gabarit », précise Nicolas Fontaine. La différence de hauteur permet de faire passer - ou non - des camions.

Pascal Personne, directeur de l'aéroport, prévient que l'établissement ne peut pas participer au financement, à cause de ses propres investissements. Alain Anziani parle de « demander du soutien aux partenaires privés ». Compliqué, mais pas impossible, Bordeaux Métropole a jusqu'à 2020 pour résoudre la quadrature du rond-point.

 

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