Capital (e) nature

Evolution de la gestion des espaces verts de Mérignac

 

Application de l’écologie :

 

Depuis 10 ans, sous l’impulsion des élus écologistes, la ville de Mérignac s’est engagée vers une révolution douce en matière de gestion des espaces verts. L’objectif fixé est celui d’une gestion écologique des espaces verts. Cette modification s’est faite par étapes.

 

Le constat réalisé était le suivant : la ville gère une centaine d’hectares de parcs et jardins, 150 hectares de placettes et d’espaces verts d'accompagnement de voirie, 5000 arbres d’alignements.

Si la qualité des parcs était reconnue notamment avec le label 3 fleurs, les pratiques culturales étaient conventionnelles avec l’utilisation d’herbicides, de fongicides, d’engrais,  de désherbants chimiques, d’engrais non organique, ou d’autres produits…(en 2008 par exemple, 130 litres de Glyphosate ont été utilisés sur les espaces verts).

En 2008, 24 hectares de trottoirs étaient également traités avec du désherbant chimiques en deux passages par an.

L’objectif fixé a été de sortir de l’utilisation de ces produits pour des raisons environnementales évidentes mais aussi pour des raisons de santé et de sécurité pour les agents.

Deux décisions ont été prises :

  • Aller vers le zéro phytosanitaire.
  • éco-certifier les pratiques de la ville.

 

Les changements ont été mis en œuvre :

 

Mise en œuvre de la gestion différenciée des espaces verts qui consiste à traiter, entretenir les espaces selon leur utilisation, leur emplacement et non uniformément. En conséquence, la tonte ou l’arrosage ne se font pas systématiquement mais en fonction de choix déterminés. L’arrêt du traitement des trottoirs est également expérimenté.

Conception des espaces verts, des massifs, des ronds points ou de la plantation avec des végétaux nécessitant moins d’arrosage et des variétés plus robustes. Des plantes vivaces ont remplacé les annuelles ou biannuelles. Entre 2008 et 2012, la production d'annuelles et de biannuelles a diminué de 30 % (81900 annuelles et bisannuelles produites en 2008 pour 56330 en 2012). Quant à la production de vivaces, elle a été multipliée par 4 (5860 en 2008 et 24500 vivaces en 2012).

 

D’autres pratiques ont vu le jour :

 

  • Le désherbage à la main ou thermique gaz grâce à l’achat de 14 appareils.
  • Une utilisation des plantes modifiée : augmentation des plantes couvre-sol (lierre, pervenche...).
  • Les herbes sont apparues sur les trottoirs ou sur certains endroits de la ville. Les tontes sont moins fréquentes sur certaines espaces.
  • La ville s’est engagée à planter également 400 arbres par an. Des vergers publics ont été mis en œuvre : 2007 vergers du Luchey, 2008 placette Jean Macé, 2010 verger du parc de Bourran, 2011 Verger du parc de l'orée des 2 villes.
  • Un partenariat avec le conservatoire végétal régional d'aquitaine a vu le jour pour participer à la préservation de variétés anciennes.
  • La ville a mis en œuvre un plan de gestion de ses bois urbains (Le Burck, Parc du Château) qui souffrent de sur-fréquentation avec la sanctuarisation de certaines parcelles.
  • Des prairies fleuries ont été introduites.
  • La ville a développé depuis 2004 la lutte intégrée dans les serres municipales et a étendu cette méthode de gestion des ravageurs à l'extérieur avec les premiers lâchers d'Adalia (coccinelle) sur les rosiers de l’avenue François Mitterrand en 2007.

 

L’ensemble de ces pratiques a permis d’obtenir la certification Ecocert ou écolabel des 8 parcs de la ville depuis 2009.

D’autres projets ont été mis en œuvre comme le développement de jardins partagés au Luchey, au Burck, au Eyquems, qui permettent la diffusion de bonnes pratiques auprès des habitants. Le développement du compostage collectif a été aussi mis en œuvre par la ville, 9 résidences y participent désormais.

L’ensemble de cette politique s’est faite aussi au regard d’une politique novatrice en matière d’économie d’eau, puisque depuis 10 ans la consommation d’eau des espaces verts s'est maintenue malgré une augmentation importante de nos espaces.

 

La poursuite de cette politique est déterminante et il est nécessaire de se fixer de nouveaux objectifs :

  • Maintenir et obtenir une gestion zéro phyto sur tous les sites, (exceptés peut être sur certains terrains de sport).
  • Mettre en œuvre l’embellissement de tous les quartiers au même niveau.
  • Préserver et restaurer les continuités écologiques entre les principaux réservoirs de biodiversité.
  • Aménager les délaissés, de nouveaux squares afin de proposer aux habitants de multiples espaces de repos ou d’agréments.
  • Poursuivre la plantation d’arbres.
  • Mettre en œuvre une charte de gestion écologique avec des partenaires et les gestionnaires d’espaces (bailleurs, copropriété).
  • Conseiller les particuliers.
  • Développer une charte avec les jardineries.
  • Développer les jardins collectifs.
  • Diminuer la collecte des déchets verts en porte à porte au profit du compostage individuel.

 

D’une manière générale, nous devons proposer un fil conducteur, une doctrine. Je suis  attaché à ce terme, car même si on ne suit pas la dite doctrine en question, elle permet de fixer un horizon à chacun en connaissance de cause.

 

Deux enjeux pour la prochaine mandature.

Les espaces naturels sont un service public

Ainsi, je suggère que notre fil conducteur à l’horizon des vingt prochaines années soit de préserver le patrimoine naturel, le reconquérir et le renforcer afin de constituer un réservoir de nature bien sûr ; mais également de proposer une protection naturelle  et bioclimatique face au dérèglement climatique à venir. Ainsi les terrains CIPOLI sur le quartier de Pychey mais d’autres espaces comme la coulée verte doivent être considérés comme des refuges ou des continuums de forêt et d’espaces natures afin d’offrir  à  la population de la ville des lieux de respiration préservés.

Comment apporter de l’ombre, de la fraîcheur, du repos et de la quiétude dans notre ville notamment avec une population vieillissante? , comment la nature peut y participer ?. Comment également développer des espaces de proximité ? Voilà une question qui sera centrale dans l’aménagement de la ville. C’est pourquoi nous sommes favorables à la réintroduction d’arbres plantés sur la Place Charles De Gaule à Mérignac Centre.

En lien avec le programme structurant de la CUB « 55 mille hectares pour la nature » nous devrons nous préoccuper des espaces de proximité, de leur liaison, plus modestes mais plus proches et directement utilisables par les citoyens, car la coulée verte est loin de certains quartiers et n’est pas accessible à tous. Les squares, les jardins privés ou collectifs, les équipements sportifs, les délaissés, tout ce qui peut contribuer à végétaliser  la ville doit fonctionner en réseau et être accessibles.

 

Comment financer ce service public            ?

En effet, s’il est essentiel de penser à l’usage de la nature et des sites que l’on désigne. L’enjeu de la prochaine mandature est la mise en œuvre par les collectivités d’un outil financier et d’acquisition foncière spécifique à la nature : un fonds vert qui au même titre que d’autres équipements fait partie du programme d’investissement des villes. Ce fonds ne doit pas se substituer à l’Etablissement public foncier nécessaire qui a une vocation plus globale. Il s’agit d’agir en complément de la CUB en s’engageant à investir chaque année dans l’acquisition et la réhabilitation d’espace vert. Le budget général est bien sûr l’outil de base, mais d’autres outils peuvent être utilisés comme le recours à l’épargne populaire.

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