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CUB. --
Les Verts invitent tous les élus communautaires à rompre avec l'actuelle politique afin de dégager des ressources financières
Les Verts prônent la rupture avec les habitudes
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Le fond et les fonds. Thème central du projet des Verts de la
Communauté urbaine de Bordeaux en vue des élections municipales. « Le
problème de fond(s), c'est que la CUB agrège des politiques nouvelles
développement durable, transports, politique foncière... sans revisiter
ses politiques anciennes. Donc, beaucoup de projets ne pourront trouver
de financement. Aussi convient-il d'arrêter certaines politiques menées
depuis vingt ans. Cela suppose des choix », concède Gérard Chausset.
Hier matin, le vice-président des Verts à la CUB a justement évoqué des
pistes, voire des orientations budgétaires, pour l'agglomération
bordelaise. « Faut-il poursuivre les investissements en l'état en
matière de voirie et continuer les mêmes aménagements ? Il faut
réfléchir au coût du pont Bacalan-Bastide qui, si le projet est
finalisé, s'élèvera à 140 millions d'euros ! En même temps, il convient
d'avoir une véritable politique foncière. La CUB n'a aucune maîtrise de
ce dossier. Elle dispose de 40 hectares de réserve foncière,
c'est-à-dire rien du tout. »
Privé-public.
« Alors qu'on se
lance dans la troisième phase du tramway, en vingt ans, la CUB n'a pas
su créer les outils nécessaires pour constituer ces fameuses réserves
notamment en termes de préemption. Au lieu de s'équiper d'un
établissement public foncier, il sera d'ordre privé. Que voit-on
actuellement dans les corridors du tram ? Les privés ont pris la main :
Eiffage, Bouygues et Pichet. C'est dramatique pour le logement social,
analyse l'élu mérignacais. Et pour les Verts, il est hors de question
de ralentir l'évolution du tram. Jeudi (1), le bureau de la CUB a
évoqué cette hypothèse, mais n'a pas encore arbitré. » « Il
faut être ambitieux pour le foncier car cela concerne aussi le
développement économique, la préservation de l'environnement, la
biodiversité. Si rien n'est fait, dans quinze ou vingt ans,
l'urbanisation de l'agglomération sera totale. » Gérard Chausset pointe
du doigt le problème des déchets. « La CUB ne doit pas s'engager sur le
projet 2020-2022 concernant l'incinérateur de Cenon. Il faut absolument
s'arrêter aux environs de 2015. Le dossier est actuellement en
discussion et nous sommes inquiets. Nous prônons une politique de
réduction des déchets allant au-delà du seul tri, même s'il faut
l'imposer partout. Actuellement, peu de logement vertical de la CUB
pratique le tri ! »
Redevance incitative.
« Nous sommes
favorables à une redevance incitative incluant certes la TEOM (taxe
d'enlèvement des ordures ménagères), dont l'assiette s'appuie sur la
valeur locative. La production des déchets doit être prise en compte.
Cela entraîne un autre mode de consommation. Là où la redevance
incitative a été instaurée plusieurs agglomérations et certaines villes
telle Besançon , la réduction des déchets est de 20 à 30 %. »
Les
Verts n'oublient pas que « la CUB est liée par contrat avec Suez pour
Astria et la station thermique de Cenon. Dès lors, c'est l'incinération
qui commande la consommation et non l'inverse. Là, les Verts, nous
arrivons à la limite de notre influence. Difficile de faire bouger le
paquebot. S'il y a des élus qui font la pluie et le beau temps, nous ne
serons pas ceux qui font la pluie et la dioxyne. Nous interpellons les
élus, dont M. Juppé, qui se dit écologiste, pour savoir si chacun est
prêt à payer le prix d'une rupture de politique. »
(1) Notre précédente édition.
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